Spécial MB Race : prendre tous les indispensables pour la course, sans Camelbak

Cartouches CO2 et démonte-pneus sur tige de selle VTT
Cartouches CO2 et démonte-pneus sur tige de selle VTT
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On me pose régulièrement des questions sur la MB Race pour savoir quels sont mes conseils à propos de tel ou tel sujet. Non pas que ma façon de faire soit la seule existante ou la meilleure, mais j’accepte volontiers de partager mon expérience sur ce XC Marathon hors norme.

Ceci m’a donné l’idée de créer une série d’articles « Spécial MB Race » d’ici au départ de la MB Ultra le 6 juillet. J’espère que le concept vous intéressera et que vous pourrez en tirer des informations utiles si vous préparez ce défi pour la première fois. Et de façon plus générale, la plupart des conseils de cette série pourront s’appliquer sur toutes les courses XC Marathon.

La question…

Pour revenir sur le sujet de ce premier article de la série, voici la question qui m’a été posée par Yann : « Est-ce que tu ne prends jamais de petit sac à dos quand tu participes à des épreuves marathon (pour mettre ton matériel de réparation, tes ravitos, …) ? »

Ma réponse en bref

J’ai participé pour la première fois à la MB Race Ultra en 2014. Lors de cette participation et au Grand Raid BCVS 2014 également, j’avais pris avec moi un Camelbak pour y ranger mes affaires. Je débutais, je ne savais pas exactement de quoi j’allais avoir besoin, et je partais avec beaucoup trop de matériel et de ravitaillement. C’est le piège du sac à dos : en général quand on a de la place, on remplit. Sauf qu’après il faut trainer les kilos inutiles… Maintenant, je roule toujours en course sans Camelbak.

Comment prendre tout le nécessaire sans Camelbak pour la MB Race Ultra ?

1. On commence d’abord avec le matériel obligatoire spécifique à la MB Race :

  • Téléphone portable : je prends un téléphone bas de gamme, de petit format, et qui ne risque rien. Je le place dans un sachet étanche, avec la couverture de survie, le tout dans la poche arrière centrale de mon maillot. Un conseil au passage : notez au feutre indélébile derrière la plaque de course le numéro de téléphone de votre ravitailleur si vous ne le connaissez pas par cœur. Utile si votre téléphone est HS pour n’importe quelle raison et que vous n’avez plus accès aux contacts. Vous trouverez toujours quelqu’un pour vous prêter le sien et pouvoir appeler
  • Couverture de survie : comme expliqué juste avant, avec le téléphone

2. Si la météo est variable et qu’il faut adapter les vêtements pendant la course :

  • Veste coupe-vent : rangée dans la poche arrière gauche de mon maillot quand je ne la porte pas
  • Manchettes : retroussées en bas des bras quand elles ne sont pas utiles
Tout ne va pas toujours comme on veut... - MB Race Ultra 2017

Tout ne va pas toujours comme on veut… – MB Race Ultra 2017

3. Ensuite, voici ce que j’emmène avec moi comme outils indispensables pour réparer en course :

  • Sacoche de selle Syncros WP250 : contient un multitool Topeak Mini 20 Pro équipé d’un dérive chaine, patte de dérailleur, 1x chambre à air, mini pompe. Si la chambre à air ne tient pas dans la sacoche de selle, il est aussi possible de la mettre dans un sac plastique puis de la scotcher sur le cadre (sur la photo ci-contre, au niveau du top tube et tube de selle)
    • Utilisations : le multitool avec toutes les empruntes classiques pour resserrer une pièce et le dérive chaine intégré en cas de casse de la chaine ; la patte de dérailleur qui doit faire fusible pour protéger le cadre si on tape le dérailleur dans un obstacle ; la chambre à air + mini pompe en dernier recours si le pneu Tubeless n’est plus étanche et qu’on n’a plus de cartouche CO2
  • 1x cartouche de CO2 avec embout de gonflage + 2 démontes pneus : accrochés à la tige de selle avec du scotch. Attention, avec une cartouche de 16g vous risquez de manquer d’air pour le volume d’un pneu de VTT. Prenez plutôt des cartouches de 25g.
  • Scotch type « Gorilla tape » : faire plusieurs tours autour d’un tube facilement accessible, par exemple celui de la tige de selle (vous pouvez aussi prévoir d’utiliser le scotch qui tient votre cartouche de CO2).
    • Utilisations : placé à l’intérieur d’un pneu coupé avant de mettre une chambre à air pour éviter qu’elle ne sorte, tenir une chaussure dont la boucle a cassé, fixer un tuteur sur une pièce en carbone fragilisée
  • Colliers de serrage plastique : si vous avez de la place dans votre sacoche de selle, vous pouvez les ranger dedans. Sinon ça se scotche très facilement sur les bases arrière par exemple.
    • Utilisations : placé en travers des pignons de la cassette pour rouler en singlespeed en cas de casse du dérailleur arrière sans que la chaine puisse changer de pignon ; ou comme pour le scotch : assembler deux colliers pour passer autour d’une chaussure dont le serrage a cassé, fixer un tuteur sur une pièce en carbone fragilisée
  • Maillon rapide : scotché sur une gaine au niveau du cintre, si possible pas juste au-dessus de la roue puisque c’est là que ça sera le plus sale
    • Utilisation : réparer sa chaine très rapidement en cas de casse
  • Mèche Tubeless : outil « Sahmurai Sword » avec une mèche prête à l’emploi, placé dans l’axe évidé pour les pédaliers SRAM. Si l’axe de votre pédalier n’est pas évidé vous pouvez placer l’outil comme bouchon de cintre (position normalement prévue, mais je préfère le mettre dans le pédalier, moins de risque de le perdre en cas de chute)
    • Utilisation : pour réparer un trou que le préventif n’arriverait pas à reboucher seul sur un pneu Tubeless

            

Avec ce matériel, je pense que vous avez l’essentiel pour réparer la quasi-totalité des casses qui peuvent intervenir en course et peuvent être solutionnées raisonnablement sur le terrain. Il faut faire des choix si vous ne voulez pas rouler avec un atelier sur le dos, et admettre que ça reste un sport mécanique avec les aléas qui existent.

4. Et pour finir le ravitaillement :

  • Boisson : une gourde de 1 litre car je n’ai qu’un support sur le Scott Spark. Quand je roulais avec le Grand Canyon qui a deux supports je prenais en général 2 gourdes de 650ml.
  • Barres / gels : si vous avez bien compté, il me reste la poche arrière droite qui est vide sur mon maillot. Comme je suis droitier, c’est le côté où je suis le plus à ma main pour y avoir facilement accès. Vous pouvez normalement sans problème y mettre 4 à 5 barres ou gels selon la taille. Bien entendu on ne jette pas son emballage n’importe où ! Je mets les emballages vides dans la poche du maillot qui contient le téléphone et la couverture de survie en attendant de pouvoir les jeter.

Et vous êtes prêt !

Préparatifs - MB Race Ultra 2017

Préparatifs – MB Race Ultra 2017

Si vous faites le tour, je pense n’avoir rien oublié de l’essentiel que j’emporte avec moi sur une course XC Marathon comme la MB Race. En rangeant de la sorte, je n’ai pas besoin de prendre un Camelbak en course. C’est appréciable quand on n’aime pas rouler avec quelque chose sur le dos.

Bien entendu, ça suppose au moins pour le ravitaillement de s’arrêter aux postes officiels pour faire le plein ou d’avoir un ravitailleur sur ces postes. Vouloir être autonome avec sa propre nourriture, sans ravitailleur, sur une course aussi longue, me semble presque impossible de toute façon.

Pour les pièces mécaniques, il y a de quoi réparer dans la mesure du raisonnable. Si vous accumulez les pépins, par exemple en déchirant deux fois vos pneus, bien sûr qu’il va vous manquer du matériel. A vous de juger quelle est la probabilité ? Et si ça vous arrive fréquemment, remettez plutôt en question votre choix de pneus ou votre pilotage. Si vous avez le luxe que quelqu’un vous ravitaille sur le parcours, confiez lui du matériel de base que vous pourrez reprendre si vous en avez utilisé une partie pour réparer : chambres à air, cartouches de CO2, mèches neuves, chiffon et lubrifiant pour nettoyer la chaine, etc…

Et vous, quelle est votre méthode pour prendre tout le nécessaire en course ? Avec sac pour faciliter le rangement, ou sans sac pour limiter la charge sur le dos ? Si vous avez des astuces n’hésitez pas à les partager !

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Loïc

Je pratique le VTT Cross Country avec une préférence pour le format Marathon - XCM. Sur VTT XC Blog j’aborde notamment les sujets suivants : récits de courses, réflexions sur l’entrainement en cyclisme, pistes pour améliorer sa pratique, nutrition, tests de matériel et tutoriels.

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6 réponses

  1. Greg dit :

    Salut Loïc
    Pour ma pars sur une course comme la MB race je part en autonomie donc je pars avec camelbak+1 bidons de 750 ml et apres plusieurs heures je refais uniquement le plein du bidon à chaque ravitaillement en ajoutant une dose de poudre isotonique,je trouve que c’est plus simple de refaire le plein d’un bidon entre chaque ravitaillement que du camelbak.
    Barres et compotes multifruits partagées entre les poches arrières du maillot et le camelbak.
    Petite pompe (lezyne) fixée au porte bidon et tout l’outillage dans le camelbak
    Téléphone dans une poche arrière dans une pochette étanche.
    Coupe vent étanche (endura pakajak) sur moi ou poche arrière.
    J’ai fais la MB race 100km une fois et 70km l’an dernier et j’y retourne cette année pour faire le 100 mais c’est la première fois que je vais utilisé mon garmin 820 sur une aussi longue durée et je crois pas qu’il tiendra sur plus de 10h donc je pense soit emporter une petite batterie externe soit faire la course en mettant le gps en mode éco…je suis preneur de conseils

    • Loïc dit :

      Salut Greg, pour le GPS je ne sais pas si le Edge 820 fait mieux ou moins bien que le Edge 810. Mais si ça peut servir d’indication mon Edge 810 tient environ 13h dans ces conditions : GPS activé mais sans tracé à suivre, ANT+ activé, luminosité au mini, Bluetooth et tracking désactivés.

  2. Rory dit :

    Article super intéressant ! Merci bcp pour le partage

  3. Yann dit :

    Salut Loïc et Merci pour cet article super intéressant! Tu as bien répondu à ma question. Mais je pense que je partirai quand même avec un petit sac, histoire d’être plus à l’aise car j’ai l’habitude de rouler avec un sac à dos… j’espère te voir au départ et aussi à l’arrivée

  4. Christophe dit :

    Salut Loïc.

    Pour moi, jamais de sac dorsal! Tout dans les poches, scotché sur le cadre ou attaché au guidon.

    Pour les gels que j’emporte depuis le départ, je les scotche sur le cadre (inconvénient: quand il fait froid, ils sont plus difficile à avaler, contrairement à ceux qui sont au chaud dans la poche). Pour les gels que me donne ma ravitailleuse en cours de route, je les place soit sous le cuissard au niveau de la cuisse, soit dans la poche droite. Pour les déchets, j’ai souvent une petite pochette ad-hoc sur le cadre, soit je les glisse dans le cuissard dans la jambe droite.
    Pour le ravitaillement solide, je me prépare un petit sachet Ziplock avec des bouts de barre ou de Biberlis: pas besoin de déchirer un emballage en cours de route, permet de manger plus souvent de petites portions. Et plus facile pour ma ravitailleuse, qui me donne le Ziplock suivant en 1 seconde.
    S’il fait chaud après un départ à la fraiche, j’attache les manches au guidon, le gilet est rangé dans la poche centrale arrière et le buff éventuel, je l’enfile sur la droite du guidon.
    Pour le téléphone (dans la poche gauche, j’utilise un vrai smartphone connecté, car il sert à envoyer ma position en temps réel à ma ravitailleuse (Live Track de Garmin)

    A+
    Cricri

  5. Ludo dit :

    Bonjour Loïc,

    Merci pour tes conseils, je ne prendrai pas de sac cette année, ça va m’éviter de prendre trop de matériel !!! Par contre, je n’ai pas compris ta réparation ci-dessous!!

    « placé en travers des pignons de la cassette pour rouler en singlespeed en cas de casse du dérailleur arrière sans que la chaine puisse changer de pignon »

    Merci de m’éclairer!!! 🙂

    J’espère que l’on se croisera à Combloux.

    Ludo

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